Brasser La Muddler

Par Vincent Fugère

 

C’est avec la tête qui résonnait encore de ma dernière nuit passée à l’auberge de Tadoussac, là où j’ai hoché de la tête à un show de minuit de VioleTT Pi, que j’arrivais passer la semaine à Baie-Comeau. Cette fois-ci, je voyageais 7 heures de moins qu’à l’habitude pour rejoindre Gabriel, fondateur et brasseur chez La Mouche.

Plus je passe du temps sur la Côte-Nord, plus je comprends. Il y a dans l’air et dans les visages qu’on y croise un sentiment de fraternité, de camaraderie. Ça se traduit bien dans l’entraide et la coopération et j’crois que La Muddler est un bel exemple de la complicité d’ici.

Comme par exemple, l’eau.

Presqu’une heure aux travers de chemins de gravelle et de poussière, nous sommes arrivés à ce qui, somme toute, semblait plutôt humble comme installation. C’est en dessous de cette remise au milieu de la forêt que ça se passe.

C’est quand j’ai goûté à l’eau que j’ai flashé. Elle était tellement claire qu’elle semblait bleue et on pouvait déceler sa pureté. Ça m’a fait penser à tout plein d’applications gourmandes dans lesquelles on pourrait commencer à faire préjudice de certaines eaux par rapport à d’autres, comme dans le café. Mais bon, je m’emporte ( et je m’emportais sur le site aussi, visiblement plus excité que les autres ).

On aura eu besoin de 3 200 litres d’eau pour la première batch de Muddler, qui aura nécessité 4 aller-retours aux puits dans la soirée et la journée qui suivra.

 

 

Toute cette eau là allait se retrouver dans les cuves laitières réusinées pour La Mouche, temporairement hébergées chez St-Pancrace, microbrasserie bien établie de la Côte-Nord.

 

Mais avant que ces 3 200 litres là se retrouvent en fermentation, une grande partie se sera évaporée dans le processus. S’ensuit le brassage lui-même.

 

La Muddler A et B sortent le 2 septembre de façon limitée car il a été décidé d’offrir le choix aux premiers clients de décider lequel des brassins A ou B deviendra la Muddler officielle de La Mouche. Le brassin A utilise des levures Kolsch, des malts de pilsner allemands et du houblon Huell Melon. La B, quant à elle, toujours en Kolsch, utilise des malts Maris Otter, queques malts de blé et le houblon Cascade.

 

Sans St-Pancrace et Source Côte-Nord, La Muddler ne serait pas ce qu’elle est. Des variables circonstancielles se sont imposées et par ce fait même, ont défini cette première Muddler. Sa création est le fruit d’une résiliance qui reflète bien la région de laquelle elle est issue.